Lauréat de la 10eme édition (2021) du Prix de la Francophonie pour les Chercheurs de moins de 40 ans
19 janvier 2022

Lauréat de la 10eme édition (2021) du Prix de la Francophonie pour les Chercheurs de moins de 40 ans

« Oublie le succès vise l’accomplissement.»

Plus tôt au début de cette semaine, je partageais le schéma de H. Lashuel qui montre bien comment l’immensité de la réalité « perçue » des « vrais » Professeurs et chercheurs universitaires contrastait avec leurs vies réelles, faites d’immenses challenges personnels et familiaux  : Le fossé entre les perceptions des autres et la réalité quotidienne.

Lauréat de la 10eme édition (2021) du Prix de la Francophonie pour les Chercheurs de moins de 40 ans

Ce schéma avait une signification encore plus particulière pour moi, car je venais de recevoir une lettre du Recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie. Cette lettre était porteuse de deux nouvelles importantes.

Je suis désormais Lauréat de la 10eme édition (2021) du Prix de la Francophonie pour les Chercheurs de moins de 40 ans. Ouvert tous les deux ans, ce prix vise à reconnaître, le mérite et la valeur de quatre chercheur(se)s prolifiques ayant acquis une reconnaissance scientifique et ayant réalisé une percée significative, en particulier dans le cadre de la Francophonie.

En plus de ce Prix, « compte tenu de la qualité de (mes) travaux en sciences de l’éducation » le Recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie m’invite à siéger désormais comme nouveau membre du comité des expert(e)s l’AUF. Lorsque j’ai vu la liste actuelle des expert(e)s de l’AUF, je me suis pincé.

« Ne dis pas : j’ai réussi, je suis payé de ma peine. Ne te repose pas dans tes œuvres : elles vont te juger ».

Dans mon cas, cette distinction récompense plus de 15 années de travail acharné, de nuits blanches, de manque de reconnaissance parfois, de succès et accomplissement scientifique, de discriminations parfois, de changement d’orientation thématique de recherche et de changement de contexte institutionnel entre le Bénin , le Sénégal, le Canada, le Maroc et Haïti , d’éloignement familial, etc. Une constante est restée cependant toutes ces années, c’est la passion pour la recherche-action et l’enseignement, mais aussi la chance de rencontrer des personnes formidables qui ont eu un impact déterminant sur ma carrière et qui font que cette récompense n’est définitivement pas personnelle.

Je ne pourrais pas citer l’ensemble de ces personnes, mais je peux évoquer quelques-uns. D’abord, mes parents, 2 enseignants de métier, actuellement à la retraite et qui m’ont tout donné génétiquement et socialement. Ensuite une personne toute discrète qui est à la fois ma conseillère, ma compagne, ma collègue et mon inspiration. Elle s’appelle Appoline Fonton, Docteure en droit économique et bancaire de l’Université Laval. C’est elle qui lit, relit, valide et critique en premier mes idées puis mes travaux depuis plus de 15 ans. Avec elle, mais aussi avec 2 amis et frères… Roland Assogba et Raymond Mehou, j’ai développé la résilience et cultivé le goût de la réussite puis la passion pour les courtes nuits (smile). J’ai eu la chance de côtoyer les meilleures depuis le début. Tout au début auprès de Prof. Mongbo Roch et de Prof. Anne Floquet, j’ai appris les moindres rouages du métier de chercheur, cultivé ma passion et la recherche de l’excellence dans ce métier où l’on dort peu et où on peut finir de collecter des données la nuit à Natitingou et animé un atelier en présentiel le lendemain matin à Cotonou. Ensuite avec Prof. Richard Marcoux, qui m’a permis de me rendre à une multitude de rencontres scientifiques internationales pendant ma thèse au Canada, puis après et m’a fait l’amitié de me montrer aussi bien à l’ODSEF, qu’au GIERSA tout ce qu’un chercheur a besoin de connaître pour vivre pleinement sa passion. Au JEFAR (Université Laval) et au Centre Jeunesse de Québec, j’ai développé véritablement l’autonomie du chercheur avec Prof. Annie Fontaine et Prof. Daniel Turcotte.  J’ai connu ensuite Prof. Florence Piron. Elle nous a malheureusement quitté l’année dernière, mais d’elle je garde le souvenir d’une chercheuse chevronnée à la recherche non pas l’impact factor, mais de l’impact humain. J’ai mis en œuvre avec elle de nombreux projets et développé avec elle ma passion pour la responsabilité sociale universitaire, la justice cognitive et le libre accès. C’est elle qui m’a conseillé de faire le saut pour un postdoctorat en sciences de l’éducation en me mettant en lien avec Prof. Jean Bernatchez et en relisant mon projet proposer ensuite pour un Financement des Fonds de Recherche du Québec, obtenu avec brio. À Jean Bernatchez, je dois ma présence dans le domaine des sciences de l’éducation, car il est un véritable mentor avec qui je continue de travailler et d’apprendre. Il m’a ouvert son impressionnant réseau et m’a appris l’humilité scientifique malgré son rang de leader incontestée au plan mondial en sciences de l’éducation. C’est le lieu aussi de remercier Stéphanie Leblanc qui a joué un role important en reussissant à me convaincre de faire le virage vers un Poste de Professeur en Sciences de l’éducation et enfin Lionel Roche, merveilleux collègue à l’Université Mohammed VI Polytechnique qui a relu mon dossier et qui avec son talent et sa passion pour la recherche scientifique contamine ceux qui sont réceptifs autour de lui. Comment ne pas remercier aussi les dizaines d’étudiants, jeunes chercheurs et professionnel que j’ai encadré, mentoré ou avec qui j’ai des collaborations depuis plusieurs années. Ils sont tellement nombreux et venant de plusieurs pays, mais, je pense spécifiquement à Anselme Houéssigbédé, Mouhamadou Salifou, Augustin Gnanguénon, Kafid Toko, Médard Dahoué, Imourana Soumanou, Eric Assogba, Justin Ahinon, Justine Gbaguidi, Hugues Nkoudou, Édouard Houssou et Juste Mehou.

Ce court survol de mon parcours me permet de recevoir cette récompense non pas comme une fin en soi, mais comme une invitation à faire encore mieux à continuer d’agir dans l’exemplarité pour les plus jeunes et peut être les moins jeunes.

Depuis l’annonce officielle par l’AUF hier, j’ai reçu des dizaines de messages de la part de diverses institutions et organes de presse m’invitant à des entrevues et à valider des textes à publier.

C’est vrai que c’est intrigant un bout d’homme originaire du Bénin, Fière Bénino-Canadien ou plus précisément Bénino-Québecois, vivant au Maroc et dont la candidature a été recommandée par un Professeur Canadien, puis portée conjointement par le Recteur d’une Université en Haïti et le Président d’une Université au Maroc.

Je remercie chaleureusement l’ensemble des personnes qui me contactent, mais je ne pourrais malheureusement pas répondre positivement à toutes les demandes.

Comme le dit ma devise : le meilleur reste toujours à venir et on y travaille déjà.

Je m’appelle Judicaël Alladatin et quand on me demande ce qui me passionne dans la vie, je réponds : j’influence, je motive, j’impacte et je transforme ; c’est ma passion !


Comments

  1. Babatunde Abdullahi Olanrewaju - 20 janvier 2022 at 13h51 - Répondre

    This is one of the most wonderful pieces I have ever read so far in recognition of people’s place in one’s life and profession at the same time. Congratulations on the award, more to come prof. The sky is obviously your starting point.

  2. Projets de coopération Québec-Royaume du Maroc 2021-2022 - ALLADATIN - 1 avril 2022 at 11h43 - Répondre

    […] co-coordonnateur Lionel Roche (UM6P). Ce projet qui durera un an implique aussi la participation de Judicaël Alladatin (UM6P) comme chercheur associé. La finalité est de contribuer au développement de la santé et […]


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