Mouhamed Salifou doctorant à l’institut des sciences d’éducation (ISE)
10 août 2021

Mouhamed Salifou doctorant à l’institut des sciences d’éducation (ISE)

Nous allons pas tarder à découvrir l’un des étudiants que je connais depuis ça licence et qui devient l’un de mes premiers doctorants.Je vous amène à la découverte de l’un des doctorants de la première promotion du programme de doctorat en Science de l’éducation et de la formation à l’ISE/UM6P. Il se prête ici lui aussi à un exercice de questions-réponses conduit par un autre membre important de mon équipe, que vous aurez l’occasion de connaître très bientôt si ce n’est déjà fait.

Présentez-vous-en quelques lignes :

Je suis Mohamadou Salifou, doctorant à l’Institut des Sciences de l’Éducation (ISE) de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Diplômé d’un master en Statistique appliquée au vivant, je suis chercheur associé à la Boutique des sciences « Siabanni » de Parakou (Bénin) et depuis je m’intéresse aux thématiques d’ordre démographique et sanitaire, notamment la fécondité des adolescentes, la mortalité des enfants, le diagnostic précoce des maladies, le décrochage et l’accrochage des élèves au secondaire. Suite à mes participations à divers événements scientifiques (colloques, séminaires, webinaires et conférences) j’ai trouvé un intérêt particulier aux sujets se rapportant à la l’éducation ; notamment les apports potentiels de l’usage des nouvelles technologies éducatives et de l’intelligence artificielle dans ce domaine. Ainsi, mon champ de recherche actuel et qui est celui de ma thèse, porte sur l’intelligence artificielle dans le dépistage précoce du décrochage scolaire. Aussi, faut-il ajouter que j’ai été chargé de cours en Statistiques (Descriptive et Inférentielle), Gestion de projet, Management des systèmes d’information et en Programmation des logiciels statistiques (R et Python).

Présentez votre projet de thèse

Mouhamed Salifou doctorant à l’institut des sciences d’éducation (ISE)

L’idée de mon projet part du constat qu’au vu de l’ampleur des défis socio-économiques jugés essentiels au maintien des élèves dans les écoles, les perspectives de réduction du décrochage au sein du système éducatif sont encore minces dans les pays en voie de développement. Ainsi, le décrochage scolaire fait partie des défis auxquels sont confrontées la plupart des écoles de ces pays. À cet effet, les pays individuellement d’une part et collectivement (à travers des assises internationales) d’autre part ont mis en place des stratégies d’action en vue d’assurer une réduction du taux de décrochage. Cependant, la plupart des solutions proposées n’ont pas montré de résultats prometteurs et la tendance au décrochage semble se maintenir : au Maroc par exemple, le taux de décrochage est passé de 10,8 % en 2010-2011 à 10,4 % en 2019-2020 dans le cycle collégial (Ministère de l’Éducation Nationale du Maroc). Par ailleurs, il serait très d’avoir dispositif qui permet d’identifier de façon précoce pour pouvoir agir avant que le décrochage ne se produise. Pour aller vers ce dispositif, il faut pouvoir modéliser et contextualiser le phénomène de décrochage. Profitant des avancées récentes en sciences de données et en technologies éducatives, le présent projet de recherche vise à comprendre et modéliser le phénomène de décrochage scolaire en vue d’assoir les bases d’un dispositif de dépistage précoce dans les écoles du cycle secondaire collégial au Maroc.

Comment vos prochains résultats de recherche seront utiles à la société ?

Ce projet est non seulement innovant, mais aussi porteur d’un impact socio-économique et technologique élevé. Les bases d’un dispositif seront mises en place grâce à mes travaux. Ce dispositif permettra potentiellement de réduire considérablement les taux de décrochage scolaire au Maroc et de sauver ainsi des milliers de jeunes de la précarisation. Pour y arriver, j’envisage déjà de pouvoir poursuivre mes travaux recherche après la thèse et de parvenir à la conception d’un logiciel basé sur le dispositif proposé. Ledit logiciel facilitera le travail des chefs d’établissement, des agents d’orientation et des psychologues dans les écoles. Il s’agit donc d’une innovation majeure pour le système éducatif dont les potentiels retombés socio-économiques sont importants pour le système éducatif et le marché de l’emploi.

Pourquoi avez-vous décidé faire une thèse en science de l’éducation ?

Plus jeune, j’étais bon élève et j’avais une passion pour les mathématiques. Alors, mes parents et mes professeurs m’ont encouragé à faire un baccalauréat scientifique et à entreprendre des études d’ingénierie plus tard. N’ayant pas le cycle d’ingénierie voulu dans mon pays (Bénin) combiné aux ressources limitées de mes parents, j’ai entrepris des études universitaires en Statistique appliquée où j’ai développé une spécialisation dans l’usage de la statistique pour résoudre des problèmes sociétaux (fécondité des adolescentes, mortalité des enfants, l’abandon et la déperdition scolaire). Mais plus tard, j’ai réalisé que le monde passait à l’économie numérique, où tout tourne autour de la science et de la technologie. Ainsi, je me suis donc lancé dans l’intelligence artificielle d’une part et la data science d’autre part. Au vu des défis de l’éducation auxquels sont confrontés les pays africains pour la plupart, j’ai décidé d’entreprendre un doctorat pour apporter ma contribution au système éducatif marocain et des pays africains en général dans la détection précoce des élèves à risque de décrochage. Ceci permettra d’adapter rapidement un plan de riposte ou une intervention ciblée à l’endroit des élèves concernés.

Comment pouvons nous entrer prochainement en contact avec M. Mouhamed ?

LinkedIn: @msalifou


Comments

  1. Première conférences doctorales en Sciences de l’éducation et de la Formation en collaboration avec U. Sherbrooke - ALLADATIN - 4 avril 2022 at 20h01 - Répondre

    […] Ce sera aussi l’occasion de présenter nos deux premiers doctorant·e·s : Insaf Al-chikh et Mouhamed Salifou. […]


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